Extrait :
Lundi matin, enfin ! Victoria pensait que cette nuit n’en finirait plus de finir.
Elle attend deux interminables minutes après le départ des garçons au
camp de jour pour se lever. Ensuite, elle engloutit son déjeuner en un
temps record et file à l’atelier. Sauf qu’aujourd’hui, au lieu de se
diriger vers les marches qui mènent au grenier, elle va plutôt vers le
fond de la pièce où était rangée la vieille caisse de bois avant qu’ils
l’utilisent pour les chatons. Comme
la dernière fois, elle se sert du manche à balai pour ouvrir la trappe.
Voilà ! Elle va enfin savoir ce qu’il y a dans ce fameux trou et si ça
valait réellement la peine de passer une nuit blanche. Victoria pointe
le faisceau lumineux de la lampe de poche — qu’elle a pris soin
d’apporter — vers la sombre cavité. Elle y découvre un escalier de
bois ! Après une seconde d’hésitation, elle pose le pied droit sur
une première marche, le pied gauche sur une deuxième et ainsi de suite.
Dix marches plus bas apparaît non pas un ancien entrepôt de nourriture
— comme elle l’avait imaginé — mais plutôt un long couloir obscur.
Pourquoi madame Françoise ne leur a-t-elle jamais mentionné l’existence
de ce passage secret lorsqu’elle leur racontait les histoires de son
enfance ?